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Postures

 

Avec la fonctionnalité pour seule règle apparente, l’architecture industrielle réussit cependant à produire des ensembles esthétiquement cohérents. Mais les temps changent, notre sensibilité écologique nous éloigne de toute mansuétude vis à vis des activités polluantes. Comme si nous ne voulions plus les voir tout en sachant qu’elles nous sont encore bien nécessaires.

 

Il faudrait donc les camoufler, les invibiliser pour les rendre plus acceptables à nos yeux de citoyens urbains mais soucieux pour la planète. Pour y parvenir, le végétal pourrait encore bien s’imposer comme le premier matériau tant il progresse sur le marché de la respectabilité. A la fois comme source d’inspiration architecturale et décorative mais aussi comme matière première prête à l’emploi. De même que nous verdissons nos villes, nous pourrons désormais cacher nos industries comme sur ces images. Poursuivre ainsi le rêve d’un idéal paradisiaque où l’homme et la nature cohabiteraient enfin en harmonie.

 

Utopique à première vue, cette série photographique illustre surtout notre profonde hypocrisie. Devant les vrais problèmes écologiques que posent notre modèle productiviste, nous préférerons toujours la posture et le politiquement correct. Comme si toutes nos actions superficielles n’étaient finalement que le cache sexe de nos renoncements climatiques. En nous contentant d’une cosmétique durable nous n’éloignerons évidemment pas les désastres à venir.

 

Postures

 

With functionality as its only apparent rule, industrial architecture nevertheless manages to produce aesthetically coherent ensembles. But times are changing, and our ecological sensitivity is distancing us from any leniency towards polluting activities. It is as if we no longer want to see them, even though we know that they are still necessary.

 

We should therefore camouflage them, make them invisible, to make them more acceptable to us as urban citizens who are concerned about the planet. To achieve this, plants could well become the leading material, as they are making progress in the respectability market. Both as a source of architectural and decorative inspiration and as a ready-to-use raw material. Just as we are greening our cities, we will now be able to hide our industries as shown in these images. Thus pursuing the dream of a paradisiacal ideal where man and nature would finally cohabit in harmony.

 

Utopian at first sight, this photographic series illustrates above all our profound hypocrisy. Faced with the real ecological problems posed by our productivist model, we will always prefer posturing and political correctness. It is as if all our superficial actions were only a cover for our climate renunciations. By being content with sustainable cosmetics, we will obviously not be able to prevent future disasters.